Les essais cliniques en homéopathie

Aucun essai clinique publié respectant tous les critères nécessaires à la validité des résultats d'un essai clinique (notamment la reproductibilité par d'autres équipes) n'a montré une efficacité supérieure d'un médicament homéopathique par rapport à un placébo. D'ailleurs, quasiment aucune publication concernant l'homéopathie n'a été effectuée dans des revues internationales à comité de lecture, comme le font toutes les autres disciplines scientifiques. Les enjeux économiques sont importants et si les laboratoires produisant des « médicaments » homéopathiques pouvaient prouver quelque chose de leur action, cela ne ferait-il pas longtemps qu'ils l'auraient fait ? d'ailleurs, il y a eu de nombreuses tentatives avortées !

En outre, même s'il y en avait eu, le fait de prouver l'efficacité d'un médicament ne prouverait pas celle de toute la thérapeutique et il serait nécessaire que chaque « médicament » homéopathique en fasse l'objet.

Un autre élément peu fausser la donne : en général, seuls les résultats des études scientifiques qui sont conformes aux attentes des chercheurs (c'est-à-dire les résultats positifs) sont publiés. Ce qui veut par exemple dire que si 10 essais cliniques ont été faits pour tester l'efficacité d'un médicament et que neuf n'ont trouvé aucune efficacité et n'ont donc pas été publiées, c'est la seule étude publiée (qui montre l'effet positif) qui fera référence. Ce biais n'est pas spécifique à l'homéopathie et compte tenu des enjeux financiers importants, certains laboratoire peuvent être tentés d'effectués de multiples études tant que l'une d'entre elle ne montrera un effet bénéfique du « médicament » (par hasard).
Ce biais n'est d'ailleurs pas spécifique aux « médicaments » homéopathiques et concerne également les autres médicaments, même si compte tenu du faible nombre d'études scientifiques publiés, l'homéopathie est particulièrement sensible à ce biais. C'est pourquoi de nombreuses voix s'élèvent pour réclamer que tous les résultats d'études scientifiques soient publiés, que les résultats soient positifs ou négatifs.

De plus, les études sont souvent effectuées par des chercheurs ayant un à-priori positif sur les « médicaments » homéopathiques. Ils sont souvent effectués par des laboratoires produisant des produits homéopathiques ou par des homéopathes. Même involontairement, il est donc probable que leur objectivité ne soit pas parfaite.

D'une manière générale d'ailleurs, les études ne prouvent pas avec une certitude absolue les résultats, mais le prouvent avec une certaine probabilité fonction des données obtenues (différence du nombre de guérison entre le groupe recevant le médicament et le groupe témoin) et du nombre de sujet appartenant à chaque groupe. Il se peut donc qu'un résultat soit positif avec une probabilité d'erreur de 0,05 par exemple, ce qui veut dire qu'il y a 5 % de risque pour que les résultats soient positifs uniquement par hasard. Il ne faut donc jamais exclure cette possibilité, même si elle est faible ; c'est aussi pour cela que la confirmation par d'autres études est toujours indispensable.

Ainsi, même si l'on accepte le principe thérapeutique de l'homéopathie, la façon dont les laboratoires la mettent en "uvre fait que les « médicaments » homéopathiques ne peuvent pas être fiables.

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